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L'album de La Pléiade : Marguerite Duras

« Présenter Marguerite Duras c’est inciter au plaisir de feuilleter, de lire, de voir. Faire le geste d’une invitation. Dans son univers labyrinthique, certains se perdent, d’autres se trouvent ou se retrouvent. Captifs, captivés. Cependant, à travers ses romans, ses pièces de théâtre, ses films, se discerne au mieux une cohérence bousculée par les événements ambigus, voire contradictoires, qui tissent l’existence : "Je suis un écrivain, rien d’autre qui vaille la peine d’être retenu."
Sans négliger les moments d’une vie, cet album, qu’illustrent photographies de famille, manuscrits rares, documents d’époque et traces épistolaires, ne se ramène pas à une simple biographie. Il privilégie les évocations d’une œuvre singulière. De cette œuvre, l’enfance, temps passé qui ne passe pas, est la clé de voûte. Enfance dite, redite. Reprise de souvenirs tremblés, voilés, recomposés jusqu’au mythe. Le réel finit par s’y confondre avec un imaginaire inépuisable. Paroles vraies pourtant. Comme un cri, comme un sanglot.
Mais la quête de Marguerite Duras ne se borne pas à des réminiscences. Elle instaure en loi universelle le désir, son déclin ou sa renaissance. Elle aime l’amour, ce vertige immobile. Se veut violente, âpre, impétueuse, à l’instar de ses personnages. Toujours proche de la poésie et de la musique, elle transforme tout espace en templum, en espace sacré, à l’aune de ses exigences mystérieuses.
Si l’on consent à s’y laisser prendre, dès lors porté par un langage souverain qu’elle honore et maltraite à son gré, on sera conduit vers des thèmes multiples, vers d’insolites fictions où se croisent la femme, l’enfant, l’humour baroque. Le soleil et le feu. La révolte, le crime, la folie. L’eau douce mêlée à l’eau salée des deltas lointains. La vaine splendeur du monde…» Christiane Blot-Labarrère.

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«Présenter Marguerite Duras c'est inciter au plaisir de feuilleter, de lire, de voir. Faire le geste d'une invitation. Dans son univers labyrinthique, certains se perdent, d'autres se trouvent ou se retrouvent. Captifs, captivés. Cependant, à travers ses romans, ses pièces de théâtre, ses films, se discerne au mieux une cohérence bousculée par les événements ambigus, voire contradictoires, qui tissent l'existence : "Je suis un écrivain, rien d'autre qui vaille la peine d'être retenu." Sans négliger les moments d'une vie, cet album, qu'illustrent photographies de famille, manuscrits rares, documents d'époque et traces épistolaires, ne se ramène pas à une simple biographie. Il privilégie les évocations d'une œuvre singulière. De cette œuvre, l'enfance, temps passé qui ne passe pas, est la clé de voûte. Enfance dite, redite. Reprise de souvenirs tremblés, voilés, recomposés jusqu'au mythe. Le réel finit par s'y confondre avec un imaginaire inépuisable. Paroles vraies pourtant. Comme un cri, comme un sanglot. Mais la quête de Marguerite Duras ne se borne pas à des réminiscences. Elle instaure en loi universelle le désir, son déclin ou sa renaissance. Elle aime l'amour, ce vertige immobile. Se veut violente, âpre, impétueuse, à l'instar de ses personnages. Toujours proche de la poésie et de la musique, elle transforme tout espace en templum, en espace sacré, à l'aune de ses exigences mystérieuses. Si l'on consent à s'y laisser prendre, dès lors porté par un langage souverain qu'elle honore et maltraite à son gré, on sera conduit vers des thèmes multiples, vers d'insolites fictions où se croisent la femme, l'enfant, l'humour baroque. Le soleil et le feu. La révolte, le crime, la folie. L'eau douce mêlée à l'eau salée des deltas lointains. La vaine splendeur du monde...» Christiane Blot-Labarrère.


72,50

Marguerite Duras, qui fut une légende vivante, s'incarne pour beaucoup dans un livre particulier : souvent Un barrage contre le Pacifique (1950) ou L'Amant (1984), parfois Le Ravissement de Lol V. Stein (1964), ou encore dans un film et sa mélodie, India Song (1973). Plus rares sont les lecteurs qui se représentent l'œuvre dans sa continuité souterraine. À travers la diversité des genres - romans, nouvelles, théâtre, scénarios, films -, Duras n'a jamais cessé d'explorer l'écriture elle-même. Car c'est précisément la recherche d'une voix qui lui fût propre qui l'a amenée à composer pour le théâtre (où le langage «a lieu») comme à prendre la caméra : «Je parle de l'écrit même quand j'ai l'air de parler du cinéma. Je ne sais pas parler d'autre chose.» Bien sûr, l'expérience de l'écriture dramatique ou cinématographique influence l'écriture romanesque, et certains sujets passent d'un genre ou d'un support à un autre, mais il y a plus : peu à peu se fait jour un style reposant sur la porosité des genres. Sur la couverture d'India Song se lit une triple mention, «texte théâtre film»... Sa voix propre, Duras ne l'a pas trouvée d'emblée, et le mystère de sa découverte est l'un des charmes d'une lecture chronologique de son œuvre. Ses deux premiers romans respirent l'air «existentialiste» de l'époque. Les trois suivants - Un barrage contre le Pacifique (1950), Le Marin de Gibraltar (1952), Les Petits Chevaux de Tarquinia (1953) - s'inscrivent dans l'«âge du roman américain». Puis, peu à peu, le romanesque narratif s'efface, les personnages s'estompent ou s'affinent - au point de se réduire bientôt, dans la nouvelle «Les Chantiers» (et plus tard dans Détruire dit-elle), à des séries d'états d'âme presque anonymes, voire à un étrange statut de regard regardé. L'évolution, toutefois, n'est pas linéaire : la tendance à la déréalisation du réel et au primat de la parole dialoguée ou soliloquée était marquée dès L'Après-midi de monsieur Andesmas (1962), mais les personnages du Vice-consul (1966) prennent corps dans la chaleur moite d'un décor indien quasi baroque. Les deux premiers volumes des Œuvres complètes, enrichis de nombreux textes et documents rares, retracent l'histoire d'une écriture et, par le biais d'épisodes ou de personnages récurrents (dont certains deviendront de véritables mythes littéraires), mettent en place les «cycles», informels et poreux, qui traverseront toute l'œuvre : l'Indochine de l'enfance, l'Inde du fantasme.
À travers la diversité des genres - romans, nouvelles, théâtre, scénarios, films -, Marguerite Duras n'a jamais cessé d'explorer l'écriture elle-même. Les deux premiers volumes de ses Œuvres complètes, enrichis de nombreux textes et documents rares, retracent l'histoire d'une écriture et mettent en place les «cycles» qui traverseront toute l'œuvre : l'Indochine de l'enfance, l'Inde du fantasme.


78,50

Marguerite Duras, qui fut une légende vivante, s'incarne pour beaucoup dans un livre particulier : souvent Un barrage contre le Pacifique (1950) ou L'Amant (1984), parfois Le Ravissement de Lol V. Stein (1964), ou encore dans un film et sa mélodie, India Song (1973). Plus rares sont les lecteurs qui se représentent l'œuvre dans sa continuité souterraine. À travers la diversité des genres - romans, nouvelles, théâtre, scénarios, films -, Duras n'a jamais cessé d'explorer l'écriture elle-même. Car c'est précisément la recherche d'une voix qui lui fût propre qui l'a amenée à composer pour le théâtre (où le langage «a lieu») comme à prendre la caméra : «Je parle de l'écrit même quand j'ai l'air de parler du cinéma. Je ne sais pas parler d'autre chose.» Bien sûr, l'expérience de l'écriture dramatique ou cinématographique influence l'écriture romanesque, et certains sujets passent d'un genre ou d'un support à un autre, mais il y a plus : peu à peu se fait jour un style reposant sur la porosité des genres. Sur la couverture d'India Song se lit une triple mention, «texte théâtre film»... Sa voix propre, Duras ne l'a pas trouvée d'emblée, et le mystère de sa découverte est l'un des charmes d'une lecture chronologique de son œuvre. Ses deux premiers romans respirent l'air «existentialiste» de l'époque. Les trois suivants - Un barrage contre le Pacifique (1950), Le Marin de Gibraltar (1952), Les Petits Chevaux de Tarquinia (1953) - s'inscrivent dans l'«âge du roman américain». Puis, peu à peu, le romanesque narratif s'efface, les personnages s'estompent ou s'affinent - au point de se réduire bientôt, dans la nouvelle «Les Chantiers» (et plus tard dans Détruire dit-elle), à des séries d'états d'âme presque anonymes, voire à un étrange statut de regard regardé. L'évolution, toutefois, n'est pas linéaire : la tendance à la déréalisation du réel et au primat de la parole dialoguée ou soliloquée était marquée dès L'Après-midi de monsieur Andesmas (1962), mais les personnages du Vice-consul (1966) prennent corps dans la chaleur moite d'un décor indien quasi baroque. Les deux premiers volumes des Œuvres complètes, enrichis de nombreux textes et documents rares, retracent l'histoire d'une écriture et, par le biais d'épisodes ou de personnages récurrents (dont certains deviendront de véritables mythes littéraires), mettent en place les «cycles», informels et poreux, qui traverseront toute l'œuvre : l'Indochine de l'enfance, l'Inde du fantasme.


74,50

Au sommaire des Œuvres complètes de Marguerite Duras figurent l’intégralité des livres publiés du vivant de l’écrivain et de nombreux textes ou documents peu accessibles, voire inédits. Les deux premiers volumes menaient le lecteur jusqu’en 1973, l'année d’India Song. Les tomes suivants couvrent chacun une décennie : 1974-1984 pour le troisième volume, 1985-1995 pour le quatrième. Les livres que Duras publie entre sa soixantième et sa soixante-dixième année (tome III) sont souvent brefs, à moins qu’ils ne prennent, comme Outside et Les Yeux verts, la forme de recueils. Ils marquent un désir de renouvellement, et tous ne touchent pas immédiatement le public, mais il est aujourd’hui évident que Le Navire Night, L'Été 80, Savannah Bay ou La Maladie de la mort sont des jalons majeurs de l’œuvre. En 1984, enfin, L’Amant connaît un triomphe critique et commercial inouï. Le statut littéraire et public de Duras bascule. Les années 1974-1984 sont aussi une «décennie cinématographique». Les films - Le Camion, Baxter, Véra Baxter, Le Navire Night, les deux Aurélia Steiner, etc. - dialoguent avec les livres qui leur correspondent et infléchissent notre façon de lire Duras. Les scénarios et autres tentatives d’adaptation figurent donc en bonne place parmi les textes réunis «autour des œuvres».


73,50

Au sommaire des Œuvres complètes de Marguerite Duras figurent l’intégralité des livres publiés du vivant de l’écrivain et de nombreux textes ou documents peu accessibles, voire inédits. Les deux premiers volumes menaient le lecteur jusqu’en 1973, l'année d’India Song. Les tomes suivants couvrent chacun une décennie : 1974-1984 pour le troisième volume, 1985-1995 pour le quatrième. La décennie 1985-1995 (tome IV) est d’une certaine manière celle de la «réécriture». Certes, Emily L. est un texte entièrement nouveau. Mais Duras revient souvent sur ses propres pas : en 1986, Les Yeux bleus cheveux noirs «récrit» La Maladie de la mort (1982) ; en 1990, La Pluie d’été «récrit» un livre pour enfants paru en 1971 ; en 1991, L’Amant de la Chine du Nord est en quelque sorte une nouvelle version de L'Amant… et le quatrième livre tiré de l’expérience indochinoise de l’auteur. L’œuvre semble alors former une boucle, sentiment renforcé par la tonalité testamentaire de certains ouvrages (Écrire, 1993), mais aussi par le retour opéré par Duras sur quelques-uns de ses textes les plus anciens. En 1985, La Douleur reprend des pages écrites dès le lendemain de la guerre. En 1990, à l’occasion de la rédaction de Yann Andréa Steiner (1992), l’écrivain revient au manuscrit de Théodora, un roman des années 1940, inachevé et resté inédit ; on en trouvera en appendice les passages les plus aboutis. L’édition se clôt sur des «Textes épars» : jamais recueillis par leur auteur, ces articles ont été rassemblés ici en raison de leur intérêt propre ou parce qu’ils font écho à de grands thèmes de l’œuvre. Certains d’entre eux jouèrent un rôle dans la manière dont Marguerite Duras fut et demeure perçue : non seulement comme un écrivain, mais comme un «personnage», une légende, presque un mythe.

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