Collectif des lecteurs masqués

Les lecteurs masqués œuvrent incognito...et viennent se greffer aux librairies en poste afin de vous apporter les critiques de leurs dernières lectures.

NOSTALGIA
7 février 2020

Nostalgia

On ne retient pas tout des efforts de professeur de J. Buckley pour partager ses réflexions sur l'art italien et l'on s'ennuie même un peu parfois, comme dans les visites guidées.
Qu'importe, même si l'intrigue est mince, le lecteur déambule entre passé et présent, entre faune et flore, en suivant les pas d'un peintre égocentrique et narcissique . Le temps d'un livre, J. Buckley nous offre un séjour en Toscane, dans le petit village fictif de Castelluccio, plus vrai que nature, où l'art est partout, à l'angle d'une ruelle, sous un porche, devant le retable aux couleurs sublimes d'une minuscule église, ou plus simplement ''au caffée Korso''...
Une écriture ''baroque''. A réserver aux inconditionnels de l'Italie .

Terres rares, Traduit de l'italien par Dominique Vittoz

Traduit de l'italien par Dominique Vittoz

Grasset

22,00
7 février 2020

Terres rares

Grand plaisir à retrouver dans Terres Rares, Pietro Paladini, le père cabossé et terriblement émouvant de Chaos Calme. Si la petite fille orpheline de mère a bien grandi, si le temps du deuil est passé, les ''embrouilles'' de la vie ordinaire ne sont pas finies….
La dimension pathétique de Chaos Calme s'est estompée, et l'on retient davantage le comique de certaines situations, à travers le regard décalé de notre anti-héros, décidément très attachant. Car Pietro Paladini est sympathique, plutôt maladroit et résolument naïf, et il faut bien admettre qu'il a la poisse . Or, Pietro Paladini c'est nous, des êtres ordinaires qui s'appliquent à vivre une jolie vie malgré les ''emmerdes'' qui volent en escadrille.....
La dernière page lue, le lecteur a bien le droit de revenir vers Chaos calme, histoire de rester encore un peu avec lui. Et finalement, cette deuxième lecture, à distance de l'émotion première souligne le talent de Sandro Veronesi empathique et moqueur avec tendresse .
Souvent drôle .

Sankhara / roman
7 février 2020

Sankhara

Un couple se désagrège et chacun se sent comme une coquille vide, après tout ce temps passé à faire diversion, dans l'évitement de soi. Hélène, un peu oisive, imagine des histoires, Sébastien, pour son métier colle à l'information continue qui plombe sa sensibilité, et la vie fait des nœuds (Sankhara ) et perd son sens et sa fluidité.

Fiction assez banale au ''happy end'' un peu artificiel, mais qu'importe, face à ces questionnements existentiel, F. Deghelt rappelle à ceux qui s'en sont éloignés, une recette bien dans l'air du temps, ou : comment renouer avec soi pour renouer avec L'Autre : frugalité, méditation, contemplation de la nature et … silence...
Un peu ésotérique, et « bobo » sur les bords, mais les balades en clairière sont rafraîchissantes et lumineuses... Lecture agréable.

Chaque fidélité
19,90
25 septembre 2019

Voilà un très joli livre subtil sur les intermittences du désir. Des personnages vibrants et libres, délicats avec ceux qu'ils aiment, mais qui ne renoncent à rien, intensément fidèles à eux mêmes.

D'une ligne à l'autre, les vies discrètes mais bruissantes de vie, s'entrecroisent dans le cœur de Milan, et s'échappent dans des ruelles au nom qui chantent l'Italie... pour revenir plus tard, sur la pointe des pieds, dans une mise en scène étonnante, orchestrée comme un ballet.

Réaliste, sans vulgarité. C'est fluide, léger malgré les interrogations existentielles complexes et la violence souterraine parfois... Une belle écriture. Superbe.

Les altruistes
23,00
25 septembre 2019

Des critiques très élogieuses pour ce premier roman, que l'on ouvre donc avec gourmandise...
Bien-sûr, avec ce professeur d'université grincheux, frustré, en quête de reconnaissance qui ne vient pas, il y a du P. Roth dans l'air, voire du Woody Allen.... Quant au souffle d'un Jonathan Franzen insufflé dans cette fiction , je le cherche désespérément...

Alors, on espère au moins, un livre drôle, enjoué, mais tous les personnages restent grisouilles au fil des pages, sarcastiques, sans épaisseur, sans panache, sans lumière pour les éclairer de l'intérieur. Des anti-héros recroquevillés, presque antipathiques, pas altruistes du tout malgré le titre que je ne m'explique pas bien... Et l'humour laconique de A. Ridker ne sauve pas grand chose.

Un récit factuel, dénué d'émotion, où il ne se passe rien, et même le maillage de l'improbable réconciliation familiale aussi tardive qu'artificielle n'est pas travaillé. En creux, on peut juste dire que se dessine le portrait d'une certaine Amérique consumériste, indélicate, peu généreuse, moche, qui ne fait plus rêver personne.. .Mais ça, on le savait déjà !
Vision bien pessimiste pour le jeune A.Ridker de 28 ans, dans le sillage d'un certain négationnisme en vogue, dont je me détourne ... Car, à quoi sert la littérature si elle ne transmet pas un peu de beauté, de réflexion, de compassion, de joie, de larmes, de rire, bref d'humanité?

Ma critique est sévère, mais l'ouvrage est sévèrement décevant.